
MotownVous raconter l’histoire de cette mythique maison de disques n’est pas une mince affaire !!! Il existe une foule d’ouvrages sur le sujet mais aussi sur les artistes « Motown ». Certains abordent, de manière historique, l’épopée de Berry Gordy Jr., d’autres de manière plus anecdotique, soulevant parfois les travers du système mis en place au sein de cette « usine à tubes » . Je vais essayer de vous expliquer simplement comment tout cela s’est mis en place et comment un homme de génie a su mettre sur pied ce qui devint une référence dans le business de la musique aux Etats-Unis et même la plus importante et la plus florissante entreprise musicale indépendante, dès 1964.
Une anecdote me vient à l’esprit : il bénéficia, pour créer cette compagnie, d’un prêt de sa famille d’un montant de $ 800 ; sachez que Motown Records Corporation fut cédée, en 1988, à la compagnie MCA pour la modique somme de 61 millions de dollars… Belle plus-value ! Plusieurs membres de la famille de Berry Gordy travailleront au sein de cette compagnie, qu’il s’agisse de son père, Berry Senior mais aussi ses frères Robert et George et sa sœur Esther. Ses deux autres sœurs, Gwen et Anna, les rejoindront au milieu des années ’60.
Les premiers succès vinrent très vite, dès 1959, avec, entre autres, « Money » de Barrett Strong.../... et « Shop Around » des Miracles en 1960 qui fut non seulement le premier No. 1 du label mais aussi le premier disque à atteindre le million de copies vendues. Gordy créa, dès 1960, un deuxième label, Motown ; il en créa d’ailleurs bien plus afin de diversifier les genres au sein de la Motown Records Corporation. Vous trouverez, ci-dessous, l’énumération de ces labels. La force de Berry Gordy Jr. a été de s’entourer d’équipes très compétentes, qu’il s’agisse des auteurs, compositeurs, musiciens, producteurs, managers dont les plus connus, Brian & Eddie Holland, Lamont Dozier, Smokey Robinson, Mickey Stevenson, Norman Withfield, Jack Ashford & Valerie Simpson etc…. la liste est longue ! Ci-dessous, le trio magique de Holland - Dozier - Holland à l'origine de tant de succès... L’une des particularités de la maison Motown est l’esprit de famille qui y régnait, un esprit presque paternaliste que Gordy appliquait à la gestion de son entreprise un peu à la façon
Gordy a su inventer une marque de fabrique, ce que l’on appelait « the Motown Sound » : une rythmique soutenue avec souvent, une présence appuyée du tambourin pour accentuer le rythme, une basse mélodique et un chant souvent inspiré du gospel secondé par des chœurs, une section de violons et/ou de cuivres, des arrangements élaborés… L’un des principes de travail était « KISS » qui signifiait « Keep It Simple, Stupid » autrement dit, « faire simple est stupide ». Pour afficher sa volonté de faire de la musique pour toute la population américaine et pas uniquement pour les noirs, Gordy eu l’idée d’un slogan : « the Sound of Young America » (Le son de la jeune Amérique) : il s’adressait ainsi clairement aux jeunes, qu’ils soient noirs ou blancs, ce qui, en ces temps de ségrégation, mit un certain temps à faire son chemin.../... Chaque vendredi, Gordy réunissait le service Quality Control qui écoutait ce qui avait été enregistré dans la semaine, par les différents artistes : ce service avait un droit de veto et décidait de ce qui allait être édité ou pas mais Gordy se gardait le droit de prendre l’ultime décision ; il est amusant de constater que certaines chansons qui furent refusées devinrent, par la suite, des succès comme, pour n’en citer que deux, « I heard it through the grapevine » de Marvin Gaye (alors que la version originale interprétée par Gladys Knight & the Pips avait déjà été éditée) et « Ain’t too proud to beg » des Temptations !
Les artistes étaient également pris en charge pour leur apparence, leur chorégraphie, leur costumes par un Service appelé « Artist Development » : rien était laissé au hasard… Gordy avait engagé, en 1964, Maxine Powell, ex modèle, manucure, maquilleuse ayant aussi une formation de professeur de maintien pour apprendre aux artistes à marcher, à se tenir d’une certaine manière afin de donner une image BCBG « Motown ». Quelques mois plus tard, Gordy fit également appel à Cholly Atkins, chorégraphe connu dans les années ’30 et ’40, pour inculquer aux artistes cette façon si singulière de bouger sur scène, pour leur apprendre ces chorégraphies (qui semblent peut-être aujourd’hui simplistes) que vous avez vues dans les nombreux clips (comme on ne les appelaient pas encore !) disponibles maintenant sur DVD ou sur le Net…/... Gordy put ainsi former des jeunes noirs inexpérimentés, issus des rues de Detroit, en leur apprenant à marcher, à danser, à s’habiller comme des blancs : ils devenaient ainsi des modèles dont les parents s’inspiraient pour leur progéniture.
Gordy était aussi un excellent homme d’affaires et stratège : il acheta certains labels concurrents de Detroit comme Ric-Tic et Golden World
La promotion des artistes passait bien sûr par les shows télévisés en vogue comme le fameux « Ed Sullivan Show » ou le « Dean Martin Show » mais Berry Gordy Jr. créa également la Motown Productions, une compagnie destinée à produire des shows TV pour les artistes « maison ». Il installa des bureaux à New-York, à Los Angeles et c’est à L.A. qu’il transféra définitivement Motown en 1972. Le but de Gordy, à ce moment-là, était de se rapprocher de l’industrie cinématographique afin d’étendre encore ses activités et transformer Diana Ross, qui avait alors quitté les Supremes, en superstar : elle tourna deux films : « Lady sings the blues » sur la vie de la chanteuse Billie Holliday et « Mahogany ». D’autres films Motown ont connu un certain succès : « Thank God, it’s Friday », « the Wiz » et « The Last Dragon ». Bien que la compagnie ait encore connu le succès dans les années ’70 et ’80 avec des artistes comme Stevie Wonder, Rick James, Lionel Richie ou Debarge, Berry Gordy Jr. revendit sa compagnie de disques en 1988 et sa compagnie de films en 1989. Stevie Wonder est, à ce jour, le seul artiste qui soit toujours resté chez Motown.
A partir de 1967, la maison Motown connut des difficultés et des tensions internes… Florence Ballard fut écartée des Supremes car elle était jalouse de la proéminence de Diana Ross au sein du groupe, David Ruffin fut lui aussi écarté des Temptations, remplacé par Dennis Edwards ex-membre des Contours, Gordy se querella à propos de royalties avec le trio « magique » d’auteurs – compositeurs – producteurs Holland – Dozier – Holland, à l’origine d’une foule de succès, qui quittèrent le label … Comme toute histoire humaine, il existe une foule d’anecdotes en tous genres sur les artistes, les chansons, les séances d’enregistrement, la gestion de toute cette entreprise : vous en retrouverez dans les fiches « artistes ». Gordy a souvent engagé des jeunes qui chantaient au coin des rues, se produisaient dans les fêtes d’école, tous issus de familles ouvrières et modestes et qui ont eu, pour certains, du mal à gérer cette notoriété à laquelle ils n’étaient pas préparés ; il y a aussi, au sein de Motown, des destins tragiques, maladie, alcoolisme, drogue… Mais comment s’en étonner ? La nature humaine est faible, les artistes sont peut-être plus exposés encore car ils sont souvent des êtres fragiles, exubérants, sensibles, déchirés et parfois incompris.
Hitsville Records : encore un label « country » créé en 1976 et supprimé en 1977 : il remplaça quelques temps Melodyland…
D’autres labels ont connu de courtes existences, n’ont servi de support qu’à peu d’artistes ou étaient simplement distribués par la « machine » Motown comme Black Forum, Divinity, Motown Latino Records, Weed, Natural Resources, M C, Chisa, Blaze, Ecology (sur lequel on retrouve Samy Davis Jr.), Gaiee, Inferno ou Ju-Par.
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récupérant ainsi les artistes de ces labels comme Edwin Starr ou le San Remo Golden Strings ; il fit également l’acquisition de Anna Records, label créé par sa sœur Gwen et son fiancé, Billy Davis (dont je parle plus haut) et qui amena dans l’équipe Motown des artistes comme Ty Hunter (futur membre des Originals) , David Ruffin (futur membre des Temptations) ou Lamont Anthony (pseudo sous lequel se cache Lamont Dozier).
L’histoire de Motown fait partie de l’histoire des Etats-Unis car elle a contribué à l’émancipation du peuple noir au travers de la musique ; Motown a d’ailleurs édité des albums, sur son label Gordy, reprenant les discours du Révérend Martin Luther King, notamment un album intitulé « the march of freedom » enregistré le 23 juin 1963 à Detroit (Gordy 906) mais aussi « Free at last » (Gordy 929).

Miracle Records
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Mo-West Records
Prodigal Records
Morocco Records

